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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 22:39

Assisterait on en Côte d’Ivoire à un cas d’école politico-politiicien, quand tu ne m’arranges pas je te discrédite.

Si jadis le camp du président nouvellement élu brandissait avec vigueur et parfois véhémence les rapports des ong qui dénonçaient les dérives de l’ère Gbagbo pour en faire une base argumentaire de bataille politique, aujourd’hui nous assistons à un véritable revirement de situation, le discrédit officiel de ces mêmes organisations.

Une situation qui tranche avec les accents de démocratie et de transparence totale sur lesquels se base la communication d’Alassane Ouattara et le désir populaire de connaître la vérité outre de voir punir les auteurs de crimes tous camps confondus. En effet, le gouvernement ivoirien remet sérieusement en cause dans son dernier communiqué la crédibilité des rapports nouvellement établis par les Ong sur les événements survenu lors de la crise post électorale. Ces derniers qui mettent clairement en évidence et attestent précisément aussi des exactions commises et orchestrées par le camp Ouattara via la branche armée des ex Forces nouvelles de Guillaume Soro ne semblent pas au gout du nouveau pouvoir en place.

"Le Gouvernement souhaite attirer l’attention de certaines organisations de défense des droits de l’homme qui, par leur silence sur la gravité des faits révélés depuis novembre 2010, par la partialité de leur jugement dans le traitement de cas récents, ou même la publication de rapports sur la base d’enquêtes relativement superficielles, font courir à toutes ces organisations le risque de décrédibiliser la noble mission qui leur est dévolu" mentionne le communiqué du gouvernement du 15 juin dernier.

Dans le viseur du gouvernement notamment l'ong Human Rights Watch qui met en lumière dans sa dernière communication l'implication de politiciens dans les massacres survenus. "Nombreux dirigeants de part et d'autre du clivage politique et militaire sont restés au pouvoir et ont à nouveau été impliqués dans de graves crimes contre des civils" indique Human Right Watch qui dénonce aussi bien les crimes commis par le camp Ggagbo que Ouattara: "Human Rights Watch a mis en évidence des meurtres, des disparitions forcées et des viols perpétrés par les forces pro-Gbagbo pour des motifs politiques et ethniques, constituant des crimes contre l'humanité. Il convient de citer parmi ces graves exactions des massacres dans l'extrême ouest du pays ainsi que des centaines de meurtres à Abidjan, même après l'arrestation de Gbagbo le 11 avril. Les exactions systématiques des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) de Ouattara ont été lancées bien plus tard, pendant leur offensive militaire qui a démarré dans l'extrême ouest du pays début mars. Human Rights Watch, tout comme la Commission d'enquête, a rendu compte de meurtres et de viols perpétrés par les Forces républicaines dans l'extrême ouest du pays, y compris de la participation à un massacre dans la ville de Duékoué. Les exactions se sont poursuivies lors de la bataille finale pour Abidjan et au moment où les Forces républicaines consolidaient leur contrôle de cette ville tout en cherchant à se procurer des armes et à retrouver les derniers miliciens pro-Gbagbo" peut on lire dans le communiqué de Human Right Watch du 15 juin qui à l'évidence des propos relatés n'épargne aucun des deux camps.

Des Ong dans leur grand ensemble s'interrogent sur la partialité de la justice ivoirienne observant, à leur évidence, un double discours du président Ouattara émanant du constat, pour l'heure de nulle arrestation ou placement en garde à vue de quelconque individus du camp du nouveau président malgré le fait que leur implication dans des crimes de guerre et des crimes potentiels contre l'humanité ait été signalée par la Commission d'enquête, l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire, Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH).

Les autorités ivoiriennes ont cependant tenté, ce jeudi soir au journal de 20h de Tci avec une intervention du ministre des Droits de l'homme et des libertés publiques, Gnenema Coulibaly, de réagir. Ce dernier a indiqué que "la Côte d'Ivoire ne peut pas se contenter des versions de l'extérieur pour apprécier ce qui s'est passé chez elle". Dans un exercice de "discrédit quand on arrange pas" qui ressemblait fortement aux habitudes de l'ancien régime, le ministre a annoncé la prise en main politique des dossiers liées aux enquêtes notamment avec la mise en place de la commission d’enquête nationale, dont .les contours sont toujours pour l'heure inconnus.

Reste désormais à savoir si l'intrusion politique viendra ou non, comme le craignent les ong, influencer la justice.


Amy, Koaci.com Abidjan

SOURCE KOACI.COM

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Published by Seth koko France
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