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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 19:13

FAFN18Officier des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN), le Commandant Morou Ouattara jette un regard sur les derniers développements de l'actualité ivoirienne avec la mise en place du panel des chefs d'Etat. S'il ne croit pas aux chances de réussite de cette mission, il pense que c'est une dernière chance offerte au président sortant de céder le pouvoir de manière pacifique.
Le Patriote : Quelles analyse faites-vous de la situation de blocage actuel avec en prime la confiscation du pouvoir par le président sortant Gbagbo Laurent ?
Morou Ouattara : Je demande au camp LMP de se ressaisir. Que Gbagbo pense un tout petit peu en 2000 lorsqu'il a appelé à une insurrection populaire contre le Général Robert Gueï. Ce dernier a refusé de faire tuer les Ivoiriens. Il s'est levé et est parti. Aujourd'hui, le monde entier est déçu. On savait Gbagbo boulanger, de quoi il est capable. Aujourd'hui, les Ivoiriens et le monde entier comprennent la prudence des Forces Nouvelles. Gbagbo a fini par convaincre tous ceux qui n'ont jamais cru en sa bonne foi. Il a fait des promesses avant le second tour de la présidentielle. Il n'a pas respecté un seul point de tout ce qu'il a dit. Mais je ne lui en veux pas. Le seul responsable de tout ce chaos est Yao Paul N'Dré, le fantoche président du Conseil constitutionnel. Il a versé de l'essence sur la Côte d'Ivoire et y a mis le feu. La semaine dernière, il y a eu des tueries à Abengourou et à Agnibilékrou. Aujourd'hui, c'est au tour de Bondoukou (hier des affrontements ont fait un mort et sept blessés, ndlr). Tout simplement parce que les enseignants RHDP exigent le paiement de leurs salaires suspendu. Ce qui est à déplorer, c'est l'attitude de ces militaires, gendarmes et policiers qui tuent leurs frères ivoiriens. Mais qu'ils sachent qu'ils ont des familles aussi. Je crois que c'est ici que le «il faut savoir s'envoyer quand on t'envoie» de Gbagbo prend tout son sens. Ils doivent faire preuve de réalisme et refuser de tuer des Ivoiriens pour un homme qui a perdu le pouvoir.

LP : Justement, parlant des militaires, policiers, gendarmes et autres. Quels sont vos rapports aujourd'hui avec vos frères d'armes des Forces de défense et de sécurité?
MO : Il faut que les Ivoiriens sachent que les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire sont tous les éléments des corps constitués qui ont fait allégeance au président ivoirien, SEM Alassane Ouattara. Ceux dont vous parlez sont des forces restées loyales au chef de la rébellion, Gbagbo Laurent. Pour nous, ce sont des déserteurs. Sinon toutes les forces républicaines soutiennent le pouvoir légitime ivoirien. Pour revenir à la question, je n'ai plus de frères d'armes là-bas. Mes frères sont ici au Golf Hôtel avec nous. Mes frères d'armes sont ceux qui soutiennent la vérité. La population a confié son destin à un homme, le président Alassane Ouattara. Et nous ne pouvons pas comprendre pourquoi on prend tout un peuple en otage pour préserver des intérêts personnels. C'est inadmissible. Gbagbo est un homme qui a toujours mis les aspirations du peuple au second plan de ses préoccupations. Il n'aime pas les Ivoiriens et par conséquent, il ne peut avoir pitié d'eux. C'est pour cela que je dis aux militaires, gendarmes et policiers qui le suivent encore de revenir à la raison et surtout d'être dignes. Ils ne doivent pas être complices des mercenaires et miliciens de Gbagbo. Ils doivent refuser que ces individus, payés gracieusement avec l'argent du contribuable, tuent des Ivoiriens. En plus, ils doivent comprendre que si Gbagbo ne leur fait pas confiance. Il ne serait pas allé des mercenaires et miliciens. Il est temps pour eux de choisir la voie de la sagesse et de la vérité. On a vu des gens comme Hitler, mais où sont-ils de nos jours ? Chaque chose a une fin et la fin de Gbagbo n'est pas loin. C'est en cela que je rassure la communauté internationale. Il n'aura pas de guerre si Gbagbo part. La Côte d'Ivoire n'est pas le Rwanda. Nous avons 19 régions en Côte d'Ivoire et plus de la moitié a voté pour le président Alassane Ouattara.

LP : Après plusieurs médiations infructueuses, on parle maintenant d'un panel de chefs d'Etat pour faire entendre raison à l'ancien président. En tant qu'officier des FAFN, que pensez-vous de cette nouvelle forme de médiation ?
MO : On attend ce panel. C'est le choix de l'Union africaine. Ça ne changera pas grande chose. C'est une chance que l'UA donne à Gbagbo pour céder le pouvoir pacifiquement. Si tous ceux qui soutiennent Gbagbo font preuve d'un peu d'intelligence et de discernement, ils doivent savoir qu'il a perdu. Ce qui se passe en Côte d'Ivoire est loin d'être une guerre de la France, des Etats-Unis ou de l'ONU contre la Côte d'Ivoire. C'est un combat engagé par toutes ses puissances pour l'expression de la volonté du peuple. Ce peuple qui a voté à 54,1% le président Alassane Ouattara. Gbagbo abuse des Ivoiriens quand il dit qu'il se bat pour la souveraineté. Et le comble, il y a de ces personnes qui se réclament intellectuels et qui pensent et réfléchissent de la même manière que ces jeunes illuminés des agoras et parlements. C'est triste. Gbagbo ne se bat pas pour la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Il se bat plutôt pour sa propre souveraineté. Parce qu'il est sous l'emprise de sa première femme, Simone Gbagbo, des hommes de sa tribu, Dogbo Blé, Guiai Bi Poin, Vagba Faussignaux, Désiré Tagro, Bohoun Bouabré et autres. Que cette partie de la population qui soutient Gbagbo sache que même Saddam Hussein, Jean Pierre Bemba, Charles Taylor, avait des soutiens à travers le monde. Ce qui est loin d'être le cas pour Gbagbo. Il a perdu. Il doit dégager. C'est à ce niveau que je demande à l'Union africaine qui a décidé de la mise en place de ce panel, de penser aux souffrances des Ivoiriens. Gbagbo a eu des émissaires de haut niveau et il n'a pas changé sa position. C'est allonger les souffrances des Ivoiriens avec ce panel qui ne donnera rien. Déjà, il commence à récuser le président du Burkina Faso qui a été Facilitateur dans la crise ivoirienne, Blaise Compaoré. C'est dire qu'ils sont prêts à tout pour voler le choix du peuple. Et cela, nous ne l'accepterons pas.

LP : Est-ce à dire que vous ne croyez pas en ce panel ?
MO : Il faut qu'on soit clairs. Pour nous qui connaissons Gbagbo, il ne comprend que le langage de la force. Aucune pression de l'UA ne peut faire partir Gbagbo. Nous en sommes conscients. La Force légitime dont a parlé la CEDEAO est la plus plausible. La CEDEAO n'est pas l'Union Africaine. En parlant de la force légitime, la CEDEAO sait de quoi elle parle. L'ECMOG sait aussi pourquoi elle vient. Elle ne vient pas pour faire la guerre aux Ivoiriens. Elle a réussi la même chose en Sierra Leone et au Liberia. Si on laisse Gbagbo au pouvoir, c'est toute l'Afrique qui aura échoué. C'est pour cette raison que je veux m'adresser aux Généraux Philippe Mangou, Tiapé Kassaraté et Guiai Bi Poin. Qu'ils reviennent dans la République. C'est important. On sait que Mangou est redevable à Gbagbo. On sait tous comment il est devenu CEMA. Il a trahi ses camarades pour avoir les faveurs de Gbagbo à qui il a promis loyauté quelles qu'en soient les situations. Mais, nous lui demandons de laisser le peuple hors de son pacte diabolique avec Gbagbo. Aujourd'hui, ils ont recruté des jeunes qu'ils entendent versés dans la rue lorsque l'ECOMOG interviendra. Ces jeunes instrumentalisés auront pour mission de tirer sur la population pour faire endosser la responsabilité à l'ECOMOG. C'est dire que Gbagbo ne comprend que le langage de la force. C'est pour cela qu'il a créé des caches d'armes à San-Pedro et un partout à Abidjan et dans certaines localités de l'intérieur du pays. Mais nous sommes déterminés à faire respecter la volonté du peuple. Aujourd'hui, il survit grâce aux braquages des banques et de la BCEAO. Il vole l'or d'Ity qu'il revend au Ghana. Tous les signes qu'il présente sont les mêmes que tous les dictateurs du monde entier. Qu'il aille chercher les meilleurs experts en construction pour ériger un mur sur les voix d'accès au Golf. On s'en fout de son blocus. Nous demandons son départ. C'est le plus important.

LP : En cas d'échec du panel comme vous le dites, les Forces Nouvelles sont prêtes le chasser ?
MO : Les Forces Nouvelles sont prêtes à prendre leurs responsabilités. Mais, nous ne le feront pas dans la violence. Nous ne tuerons pas les Ivoiriens pour le faire. Nous défendons la légalité et nous sommes prêts à nous battre au nom de la vérité. Nous n'abdiquerons pas tant que Gbagbo continuera à s'agripper au pouvoir. L'utilisation de la force légitime est la voie la mieux indiquée pour régler le cas d'un despote comme Gbagbo.
Je veux revenir sur mon appel aux gendarmes, militaires et policiers. Je leur demande de se ressaisir et de ne pas fouler aux pieds les vertus qui caractérisent l'armée. Parce qu'ils sont en première ligne. Ils doivent savoir exécuter les ordres. Il faut qu'ils acceptent la vérité. Vous êtes payés avec l'argent du contribuable ivoirien et tout ce qu'il vous demande, c'est d'assurer sa sécurité et non de le tuer. Refusez de suivre les menteurs, les assassins. Je crois qu'il est temps pour nous, soldats, de prendre nos responsabilités et de dégager Gbagbo. En Tunisie et en Egypte, l'armée a refusé de tirer sur la population. C'est un exemple qui nous est donné. L'armée a un rôle important à jouer dans cette crise et nous devons dire non à la dictature.
Réalisée par OUATTARA Gaoussou

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Published by Seth koko France - dans Abidjan News
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