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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 20:07

cisse_Soumi54422.jpgAyant été trahi en 2002 par une frange importante de l'Adema-PASJ, dont il était le porte-drapeau, Soumaïla Cissé, le " Fondateur de l'Urd ", se méfie désormais du monde politique comme de la peste. Mais compte tenu de son ambition de briguer la présidence de la République en 2012, il se voit obligé de faire les yeux doux à tous les grands partis et même à ses adversaires d'hier. Dans le but, évidemment, de ratisser le plus large possible. Le parviendra-t-il ?

Le parti de la poignée de main vient de fêter en grande pompe le 7ème anniversaire de sa création. C'était le 5 juin dernier dans la Venise malienne, parée, à l'occasion, aux couleurs vert et blanc du parti de la poignée de main. A cette occasion, outre les barons et caciques de l'Urd, étaient également présents le président de l'Adema-PASJ et président de l'Assemblée nationale, l’honorable Dioncounda Traoré, et le représentant du président du RPM, Bakary Koniba Traoré dit "Pionnier". C'est donc l'absence du président du président du Rpm, l’honorable Ibrahim Boubacar Kéïta alias IBK, qui a constitué la seule fausse note de cette "rencontre au sommet" entre les présidents des trois partis politiques les plus importants sur l'échiquier politique national. Une absence de taille, car si IBK  avait été présent, les retrouvailles dont le président de l'Adema-PASJ réclame à cors et à cri auraient pu être scellées en vue des présidentielles de 2012.

Le Rpm courtisé par tous

Aujourd'hui, il n'est un secret pour personne que les partis qui gravitent encore autour de la gestion consensuelle du pouvoir d'ATT, à savoir principalement l'Adema-PASJ et l'Urd, sont très pressés de prendre le relais. Ils sont pressés, à telle enseigne que la défense du bilan d'ATT se semble plus les préoccuper, leurs regards étant désormais et uniquement rivés sur le Palais de Koulouba, que l'un comme l'autre parti espère occuper en 2012. Quant à IBK, il semble ne pas être dans la même moins que ses anciens camarades. Ayant appelé à voter en 2002 pour ATT au détriment de Soumaïla Cissé, le premier responsable du parti des Tisserands serait encore aujourd'hui plus proche du locataire de Koulouba que les dirigeants des partis Adema-PASJ et Urd qui siègent pourtant au sein du gouvernement d'ATT. Pourquoi ? Manifestation précoce d'ambitions présidentielles pour ces derniers ? Certainement. Si le Rpm, un parti d'opposition,  s'aventurait maintenant dans une dynamique de retrouvailles mal ficelées avec les deux principaux partis membres de la majorité présidentielle, il est à parier qu'il pourrait le regretter amèrement. Dans la mesure où les deux formations précitées sont loin d'être des blocs de roc solides et solidaires. Des oiseaux de malheur (de bonheur certainement pour d'autres) prédisent même leur éclatement dès la mise sur les fonts baptismaux du futur "grand parti " des "amis d'ATT ".

C'est dire que dans d'éventuelles retrouvailles politiques, le Rpm risquera d'en être le dindon de la farce. Le grand gagnant supposé desdites "retrouvailles" pourrait bien être Soumaïla Cissé, le "Fondateur de l'Urd" (l'expression est du président de l'Urd, Younoussi Touré dans son speech prononcé dans la Venise malienne le 5 juin 2010) qui semble beaucoup mieux préparé pour tenir la dragée haute au candidat du futur "grand parti ".

Les impossibles retrouvailles

L'absence d'IBK a fait échouer le plan des retrouvailles autour de Soumaïla Cissé, le seul candidat censé avoir les moyens matériels et financiers de sa campagne de 2012. Pour de nombreux observateurs, l'enfant de Niafunké est également le seul à pouvoir aligner un parti rassemblé autour de sa candidature si toutefois il arrive à "parler" avec tous, y compris ceux qui sont volontairement mis sur la touche, car supposés proches d'Untel. Qui, apparemment, ne sera jamais en odeur de sainteté auprès du "Fondateur de l'Urd".

Toutefois, de nombreux observateurs s'interrogent aussi comment l'Urd, sans alliés de la trempe de l'Adema-PASJ ou du Rpm, pourra-t-elle s'imposer face  au futur "grand parti " d'obédience présidentielle ? Le grand adversaire qui, avant même sa naissance, fait déjà peur aux grands partis de la majorité présidentielle. A ce niveau, les grands partis actuels, qui se partagent l'essentiel de l'électorat, ont donc un réel défi à relever aujourd'hui comme demain. De plus en plus, empêtrés dans la gestion consensuelle du pouvoir, ils donnent l'impression d'être des géants au pied d'argile. Ne pouvant aucunement survivre en dehors du gouvernement, ces partis sont devenus muets alors qu'ils font l'objet d'attaques à peine voilées. Soumaïla Cissé et Dioncounda Traoré ont-ils conscience de cette réalité ? Ont-ils conscience de la vulnérabilité de leurs partis pris individuellement? Certainement. Mais de quelles armes peuvent-ils se servir pour rassembler leurs troupes ? Anticiper sur les événements ?

En signant, par exemple, un accord de soutien total au candidat qui arriverait à se hisser au second tour de la présidentielle de 2012 ? Tant qu'ils continueront à siéger au gouvernement d'ATT, ces partis ne pourront aucunement préparer 2012 comme il se doit. Difficile d'en sortir, car les cadres ont, pour la plupart, compris que la politique, sous nos cieux, est avant tout un jeu d'intérêt sur le dos de la masse des militants, qu'on encense de temps en temps. Sans réelle conviction. De ce fait, personne ne veut délaisser une place assise pour une place debout dans le train des délices du pouvoir. D'où, par exemple, cette brusque mutation amorcée par le Mouvement citoyen de se dissoudre dans  un parti en création dans la perspective de la présidentielle de 2012. Et d'essayer, si possible, de barrer la route aux candidats de l'Urd, de l'Adema ou du Rpm.

Un "grand parti" ne se décrète pas, il se forge

Dans ce climat d'incertitudes, quel parti va vouloir s'allier à un autre alors que la grande reconstruction citoyenne est en marche…triomphante? Toute recherche d'alliés sera maintenant vouée à l'échec. A chaque parti de se débrouiller. En commençant d'abord par consolider sa cohésion interne pour éviter l'érosion qui a déjà commencé pour certains. Aucun parti n'étant à l'abri de l'assaut des forces d'abord internes puis celles externes. D'où cette quête désespérée d'alliés pour 2012. Personne ne voulant être du camp du perdant.

C'est pourquoi, depuis l'annonce faite par le président ATT, le 19 avril 2010 lors de la présentation du rapport Daba Diawara, qu'il ne tordra pas le cou à la Constitution en briguant un troisième mandat, c'est l'effervescence au sein des grandes formations politiques. Que ce soit Soumaïla Cissé de l'Urd, Ibrahim Boubacar Kéïta du Rpm ou Dioncounda Traoré de l'Adema-PASJ, tous caressent le rêve de succéder au président  ATT au Palais de Koulouba. Face à ces mastodontes, il y a aussi les "amis d'ATT" du Mouvement citoyen qui piaffent déjà d'impatience car ils se voient en dignes continuateurs de l'œuvre enclenchée par leur mentor. Pour cela, il leur faudra beaucoup travailler, car un parti ne naît jamais grand. Le futur supposé grand parti ne le sera réellement que si un nombre important de Maliennes et de Maliens s'y retrouveront. A défaut, la montagne accouchera d'une souris. Et ça sera dommage pour ATT. Dans cet imbroglio politique, le refrain : "Chacun pour soi, Dieu pour tous" n'est donc pas si mauvais que ça. 

Mamadou FOFANA

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Published by Seth koko France - dans AFRIQUE
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