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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 08:52

bannes-braisees.jpgDepuis plus de dix (10) ans, la Côte d’Ivoire est plongée dans une crise sociopolitique sans précédent. Une situation qui n’est pas sans conséquence, car accentuant la paupérisation des populations. Cette situation a favorisé l’essor des petits métiers. Une sorte de salut pour des familles aux abois. Dans cette grisaille, de nombreuses femmes, la quarantaine voire la cinquantaine révolue ont eu comme recours, pour limiter les dégâts, le commerce de bananes braisées. Comment ces vendeuses vivent-elles leur activité ? Quels sont, au quotidien, les problèmes que ces femmes rencontrent ? Enquête.
Depuis environ une quinzaine d’années, Mariam Sawadogo exerce cette activité, à Adjamé, où elle réside. Soulignant que c’est seulement un bénéfice quotidien de 400 ou 500 F CFA qu’elle réalise, Mariam Sawadogo affirme que c’est ce commerce qui lui permet de s’occuper de ses quatre progénitures et de deux petits orphelins (qui ont perdu leur mère). « Sorti du domicile familial, au moment du déclenchement de la crise, en septembre 2002, mon mari, jardinier chez un ‘’Blanc’’, n’est plus revenu à la maison. Toutes nos recherches sont restées vaines », a-t-elle déclaré pour signifier combien de fois elle affronte, seule, chaque jour, les difficultés de la vie. Situation presqu’identique chez Bintou Ouédraogo et Mominata Sari, vendeuses aussi de bananes braisées, respectivement à Marcory et à Cocody-Angré. La première citée, mère de cinq enfants, dit faire, depuis environ cinq ans, cette activité qui lui rapporte à peine 15 000 FCFA par mois pour s’occuper de ses progénitures et même de son époux, « qui a perdu son emploi à cause de la crise ».

Le feu, un danger réel pour ces commerçantes
Même son de cloche avec Mominata Sari, mère de six enfants, qui avance craindre pour sa santé devenue fragile à cause du contact permanent avec le feu. « Le feu me fatigue. J’ai régulièrement des problèmes au niveau du cœur. Parfois, c’est tout mon corps qui me fait mal », se plaint-elle. Puis d’affirmer que les médecins l’ont soumise à un traitement qui nécessite, souligne-t-elle, qu’elle s’éloigne du feu. « Franchement, je n’ai pas assez de moyens pour suivre régulièrement le traitement. Aussi, je ne peux pas arrêter l’activité qui me permet de m’occuper de ma famille », déclare Mominata Sari. Non sans indiquer que pour limiter le mal, elle a décidé de réduire le feu servant à braiser les bananes. Mariam Sawadogo et Bintou Ouédraogo affirment avoir également les mêmes problèmes sanitaires que Mominata Sari, du fait de leurs contacts quotidiens avec le feu. Si Bintou Ouédraogo informe que tous les trois mois, elle est à l’hôpital pour un traitement afin de faire face aux conséquences du contact avec le feu, ce n’est pas le cas pour Mariam Sawadogo. Cette vendeuse dit se contenter de boire, de temps en temps, du lait pour limiter les maux de cœur, d’yeux, de poumons et de tête, liés à son contact journalier avec le feu. Docteur Meye, médecin au Chu de Cocody, déclare que les risques de brûlure sont réels pour ces femmes qui cohabitent chaque jour avec le feu. Puis d’ajouter : «Ces commerçantes ont, pour la plupart, des enfants avec elles qui sont également exposés au feu. Aussi, la pénibilité de ce travail conduit à des problèmes de dos, de courbature,…). Arguments appuyés par docteur Diallo Bachir, exerçant à la Grande clinique du Plateau Dokui. Ce dernier souligne qu’à côté des risques dermatologiques, ces femmes sont exposées aux maladies pulmonaires (problèmes respiratoires) liées à la respiration quotidienne de la cendre. A tout cela s’ajoutent des problèmes ophtalmologiques provoqués par la fumée, la chaleur et les cendres. Pour éviter les problèmes de dos, de courbature, de fatigue générale, « dus au fait qu’elles sont assises durant toute la journée sur de petits sièges », docteur Diallo Bachir recommande à ces vendeuses de s’asseoir sur des sièges qui ne conduisent pas à ces maux. Puis de conseiller ceci : « Ces femmes doivent éviter d’être directement en contact avec le feu en mettant le foyer dans un cadre qui les protège contre les dangers du feu ».
R. Dibi

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Published by Seth koko France - dans Vu dans la presse
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