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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 19:12

Hortefeux-Sarkozy_pics_390.jpgAlors que les actes de violence se multiplient ces dernières semaines, Brice Hortefeux s’est félicité au micro d'Europe 1 de la « baisse spectaculaire de la délinquance » avant de fustiger la gauche, selon lui responsable de l'augmentation de la délinquance, là où on la constate.

Brice Hortefeux craindrait-il d'essuyer une avalanche de critiques suite aux nombreux actes de délinquance qui ont défrayé la chronique ces dernières semaines ? Invité d'Europe 1, le ministre de l'Intérieur semble avoir opté pour l'auto persuasion : « Dans le combat que nous menons pour lutter contre la délinquance, nous obtenons des résultats et parfois même des résultats spectaculaires ». Convaincu d'avoir fait baisser les chiffres de l'insécurité malgré le meurtre de l'A13, les tirs à balles réelles sur des policiers à Grenoble, ou encore l'attaque d'un commissariat à la hache à Saint-Aignan, le ministre a tout juste concédé un « point noir: ce sont les violences aux personnes », mais se dédouane immédiatement en précisant qu'il ne s'agit pas là « d'un phénomène national ». Nous voilà rassurés, si ce n'est pas un phénomène national, comment un ministre français pourrait bien changer les choses à lui tout seul?

 

Usant de formules choc comme : « L'intolérable ne doit pas être toléré », Hortefeux, droit dans ses bottes, a tenté de renvoyer une image de fermeté quelques jours après la déclaration du porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui jugeait le gouvernement « débordé par l'insécurité ».   

 

Soucieux de prouver son dynamisme à toute épreuve, Hortefeux, visiblement fier de lui, a tenu à rappeler les moyens déployés à Grenoble à sa propre initiative : « Nous avons pris des mesures immédiates quand je me suis rendu à Grenoble, une présence massive de policiers, la présence d’un hélicoptère, j'ai fait venir exprès des membres du GIPN, je les laisserai le temps qu’il faudra, nous allons lancer des opérations de terrain, notamment des visites de halls d’immeuble ». Avant d'ajouter : « J'ai demandé au préfet -en accord avec le maire de Grenoble qui soutient ces initiatives- j'ai demandé de réunir les acteurs concernés ». Une déclaration qui ira certainement droit au coeur de Michel Destot, le maire socialiste de la ville, qui demandait depuis des mois au ministre de l'Intérieur des moyens supplémentaires pour lutter contre des actes de violences répétés dans sa commune. Se voir ainsi renvoyé à un simple rôle de «soutien», c'est triste.

 

Le ministre a ensuite exhumé les chiffres des halls d'immeubles visités en Seine-Saint-Denis, la technique habituelle du « chiffre  », façon grande distribution, initiée par l'ex-ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy: « En trois mois, il y a 1200 halls d’immeubles qui ont été visités par les forces de sécurité, quasiment seize par jour, pour sécuriser. Notre mission c'est d'assurer la sécurité pour tous  et nous nous en donnons les moyens et les résultats sont d’ailleurs au rendez-vous ». Sauf que Brice Hortefeux prend le problème à l’envers. Certes la police va partout, mais quel poids, quelle autorité peuvent avoir les représentants de l’ordre républicain dans des zones où le droit, les lois, les codes qui s’appliquent ne sont plus ceux de la République ? Charles Pellegrini, ancien patron de l'Office central de répression du banditisme, insistait, dans une interview accordée à  Marianne2, sur la rupture entre la République et les « territoires » aux mains des caïds. Emmanuel Roux du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), parlait quant à lui de «loi du quartier» et soulignait un durcissement de la situation dans ces zones où les lois de la République n’ont plus droit de cité. Croit-on vraiment qu'une visite d'une demi-journée suffit à apaiser une cité ?

 

Refusant l'idée d'un Grenelle national de la sécurité réclamé par Manuel Valls sur l'antenne d'Europe1 quelques jours plus tôt, Hortefeux s'est attelé à multiplier les sous-entendus critiques à l'égard d'un PS immobile. « J'entends Grenelle mais il n'y a pas besoin de grenelliser, j'entends organisation d'assises mais nous en avons assez d'être assis, la vérité est que nous avons besoin d'action. » Le message est clair : pendant que la gauche discourt et se tourne les pouces, la droite agit. Le locataire de la place Beauvau qui s'est déclaré « stupéfait de l'attitude des socialistes qui semblent réduits à souhaiter l'échec de la politique de sécurité » dans un entretien accordé aujourd'hui au Figaro , a réitéré ses déclarations au micro de Thierry Guerrier : « Je ne comprends pas l’attitude des élus socialistes, pourquoi semblent-ils regretter les chiffres positifs de la délinquance ? »

Et la gauche n'a pas fini d'en prendre pour son grade : « Chacun doit apporter sa pierre, moi je suis tout à fait disposé à agir, à cibler quand c'est nécessaire. Il faut que chacun prenne ses responsabilités, il y a d'un côté le rôle de l'état mais il y a aussi des acteurs locaux, la police municipale, pourquoi les collectivités n'en ont-elles pas toutes ? Pourquoi ne sont-elles pas armées ? Pourquoi les collectivités ont-elles pris tant de retard sur la vidéo protection dont chacun sait aujourd'hui qu'elle est indispensable pour identifier et prévenir ?» Qui est à la manoeuvre dans les collectivités locales ? La gauche principalement. 

Au tour des maires ensuite d'être pointés du doigt. « Certains maires ne responsabilisent pas les parents, pourquoi certains maires ne suspendent pas les allocations familiales ? Pourquoi certains maires n'utilisent pas tous les leviers de rénovation des quartiers ?» Les municipalités, majoritairement à gauche depuis les élections municipales de 2008, apprécieront. 

Ainsi, les chiffres de la délinquance baissent, mais s'ils venaient à augmenter, le coupable serait tout trouvé : les élus de gauche qui sabotent la politique de l'état. 

SOURCE/MARIANNE

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Published by Seth koko France - dans France info
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