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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 19:26

1270833ta.jpgTravailleurs sociaux, animateurs de centres d’accueil, infirmières: ils sont une dizaines de salariés du Samu social, permanenciers du 115 (le numéro d'appel). Réunis au local CGT d'Ivry-sur-Seine, ils entament ce vendredi leur dixième jour de grève.

Pour la première fois depuis sa création en 1993, le Samu social de Paris, structure qui vient en aide aux sans-abri, doit faire face à un conflit interne. Sur les 600 salariés, une centaine serait en grève selon les syndicats, «40 à 60 personnes» selon la direction.

«La situation était latente depuis longtemps», raconte Julie (1), salariée gréviste de 24 ans. «On est la belle vitrine de l’Etat mais quand on lève le rideau, c’est honteux.»

En cause? Leurs conditions de travail, l’absence de convention collective, la multiplication des CDD et le manque de reconnaissance, notamment salariale, de leur activité.

«L’institution lutte contre la précarité, mais elle en crée»

Naima est permanencière au 115. C’est de ce service qu’est partie la grève. «Au début, on protestait contre le projet d’enregistrement des appels, mais ça a été l’étincelle pour toutes les autres revendications», raconte la jeune femme de 26 ans.

Engagée en novembre, elle reçoit les coups de téléphone des sans-abris, sept heures d’affilés pour 1100 euros net par mois. «Je ne cours pas après la paye, si je suis là c’est par vocation. Mais aujourd’hui, je ne peux plus rester: le salaire que je gagne me met en difficulté. C’est ironique: l’institution lutte contre la précarité, mais elle en crée.»

Julie appartient aux équipes mobile d’aide (EMA) aussi appelées «maraudes», ces camions qui tournent dans Paris pour aller à la rencontre des SDF entre 20 heures et 5 heures du matin. Arrivée depuis dix mois, elle enchaîne son deuxième CDD.

«Je suis considérée comme une ancienne! Les salariés du Samu social restent en moyenne six mois: il y a du turn over à gogo», explique-t-elle. «Nous sommes bien souvent le seul lien entre la société et les SDF. C’est un travail à long terme d’approche, de mise en confiance. Qui n’est pas facilité si les gens changent tout le temps.»

«Nous faisons face à des situations délicates»

Parmi les revendications des «maraudeurs», une prime de risque. Physique et psychologique. «Nous faisons face à des situations délicates: nous pouvons nous retrouver avec des personnes agressives, armées ou psychotiques. C’est un métier usant: nous sommes confrontés à la misère au quotidien, et aux décès parfois de nos hébergés. Pour toutes ces situations, il n’existe pas de cellule de soutien psychologique ou d’espace de parole pour exterioriser.»

Le Samu Social de Paris est un GIP (Groupement d’intérêt public), financé par une kyrielle de tutelles, 70% publics et 30% privés. Parmi les financeurs, on trouve aussi bien l’Etat ou la Ville de Paris qu'EDF ou PSA Peugeot. Ce statut, pour Benjamin Klingler, représentant CGT et animateur dans un centre d’accueil de jour, est «une excuse à tout».

«Nous ne sommes pas soumis au code du travail, ni à celui de l’action sociale ou de la fonction publique territoriale», détaille le jeune homme de 24 ans. «Du coup, pas de convention collective et des conditions d’accueil de nos usagers, dans des locaux insalubres, défaillantes.»

L’objectif désormais pour les grévistes, c’est d’interpeller directement les tutelles. Nuit passée sur le parvis de l’Hotel de Ville de Paris, rencontre avec des élus, lettres pour interpeller des «personnalités» comme Jacques Chirac ou Josianne Balasko, manifestation aujourd’hui devant la préfecture de Paris….

Alors qu’une délégation de grévistes a rencontré ce vendredi matin la direction, la suite du mouvement est incertaine. Une assemblée générale doit déterminer dans l’après-midi si la grève est reconduite.

 

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Published by Seth koko France - dans Droits de l'homme
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