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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 12:37

gbagbo inquiet

Côte d'Ivoire : les secrets d'une offensive éclair

Après le lancement de la grande offensive du 28 mars, il n'a fallu que quelques jours aux FRCI d'Alassane Ouattara pour arriver aux portes d'Abidjan. Récit d'une guerre éclair.

Laurent Gbagbo se croyait invincible. Derrière ses sourires et ses embrassades, il n’avait que mépris pour ses adversaires. À force de ruse, il avait réussi à tenir dix ans et demi. Gueï, Bédié, Ouattara… Il les avait si souvent roulés dans la farine qu’il se sentait capable de passer en force, une nouvelle fois. Mais ce coup-ci, c’est raté. Le funambule est tombé.

Pourquoi une chute aussi brutale ? D’abord, pour des raisons tactiques. On s’attendait à une bataille acharnée pour la prise des deux verrous de Duékoué, dans l’Ouest, et de Tiébissou, au centre. En fait, il n’a fallu que trois jours aux hommes d’Alassane Ouattara, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), pour marcher sur Yamoussoukro, puis fondre sur Abidjan. Une offensive éclair. Un blitzkrieg sous les tropiques. Les Forces de défense et de sécurité (FDS) de Laurent Gbagbo ont été pulvérisées.

Tout a commencé le 6 mars dans le Grand-Ouest, à Toulépleu. De cette ville frontière, le camp Gbagbo avait fait une forteresse. Normal : Toulépleu contrôle la route vers le Liberia. C’est donc par cette ville qu’arrivaient les mercenaires libériens recrutés par le régime. Les FDS y avaient même déployé un BM21, un lance-roquettes multiples de fabrication russe. Le 6 mars, un déluge de feu est tombé sur les positions FDS. « Les rebelles avaient beaucoup plus d’hommes que nous. Nous ne pouvions pas tenir », raconte Yao Yao, le chef des opérations du Grand-Ouest. Le camp Gbagbo manquait aussi de gens résolus à se battre. Les artilleurs se sont enfuis sans même prendre le temps d’emporter leur BM21 ou de le détruire…

Toulépleu le 6 mars, Bloléquin le 21… « Pour nous, la prise de ces deux villes a été décisive », confie un officier de haut rang des FRCI. « Le Grand-Ouest pullulait de mercenaires et de miliciens à la solde de Gbagbo et de Gossio [le directeur général du Port autonome d’Abidjan]. Il fallait absolument qu’on les neutralise avant d’attaquer au centre, sur Tiébissou et Yamoussoukro. Sinon, ils risquaient de nous tomber dessus par l’ouest. »

Quatre axes

De fait, à la mi-décembre, une colonne commandée par Chérif Ousmane avait réussi une première percée à Tiébissou, puis s’était repliée sur Bouaké, de peur d’être attaquée sur son flanc droit par les FDS.

Le 28, c’est la grande offensive. Les « comzones » (commandants de zone) attaquent sur quatre axes. Losseni Fofana (dit « Loss ») et Dramane Traoré sur Duékoué, dans l’Ouest ; Issiaka Ouattara (dit « Wattao ») sur Daloa, au centre-ouest ; Chérif Ousmane et Hervé Touré (dit « Vetcho ») sur Tiébissou, au centre ; et Morou Ouattara sur Bondoukou, dans l’Est. L’affaire a été minutieusement préparée. Fini l’improvisation de septembre 2002, lors de la première opération militaire contre Laurent Gbagbo. À l’époque, les rebelles n’avaient même pas de moyens radio pour communiquer entre eux. Juste des téléphones satellitaires. Ainsi, lors du siège du camp de gendarmerie d’Agban, à Abidjan, ils n’avaient pas pu prévenir leurs camarades qu’ils étaient à court de munitions et avaient dû abandonner la partie…

Cette fois-ci, Guillaume Soro, Premier ministre et ministre de la Défense du gouvernement Ouattara, a donné à ses comzones les équipements nécessaires. Avec ses deux officiers d’état-major, les généraux Soumaïla Bakayoko et Michel Gueu, il a monté une vraie logistique. Des tonnes d’armes et de munitions sont entrées par l’aéroport de Bouaké, notamment des lance-roquettes RPG-7 et RPG-9, mais aussi du matériel de combat nocturne – ce qui explique pourquoi plusieurs villes du Grand-Ouest sont tombées la nuit. Du matériel de transmission performant a été distribué à chaque commandant d’unité. Surtout, les comzones ne sont plus de simples capitaines ou sergents, voire des caporaux, comme en 2002. « Chérif Ousmane est devenu un vrai commandant de bataillon, qui sait se faire obéir de 500 ou 600 hommes, explique un de ses compagnons d’armes. La qualité des hommes, c’est 50 % du secret de notre victoire. » LIRE LA SUITE sur)))

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Published by Seth koko France - dans Dictature
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