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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 13:18

Gendarmerie-de-cote-divoire.jpg« Nos engins, nous ferons tout pour les faire reparer et vous envoyer la facture pour que très rapidement, nous puissions pacifier l'intérieur du pays. Mais vraiment, dites à vos hommes de libérer nos hommes pour qu'ils travaillent, sinon ils ne nous feron plus confiance et ils ne bougeront pas ». Cri du coeur ou mise en garde ? En tout cas, ces propos chargés de réalisme ont été tenus le lundi 18 avril dernier par le général Tiapé Kassaraté, commandant supérieur de la gendarmerie nationale. C'était au cours de la visite du ministère de la Défense conduite par le général Michel Gueu, chef de cabinet militaire du Premier ministre Guillaume Soro, au camp de gendarmerie d'Agban. De ces propos, l'on devrait déduire toute la difficulté de cohabitation et de collaboration entre les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci) et les Forces de sécurité ivoirienne FDS, dans le cadre de la sécurisation des populations et de leurs biens. Dans une adresse à la nation après la chute de Laurent Gbagbo, son successeur Alassane Ouattara avait invité les généraux Kassaraté et Brédou M'Bia, respectivement de la gendarmerie et de la police nationale, à assurer la sécurité des personnes et des biens en Côte d'Ivoire. Certes quelques patrouilles mixtes des forces étrangères (Onuci et Licorne) et quelques gendarmes ivoiriens sont aperçues dans les rues d'Abidjan, mais d'énormes difficultés semblent encore coincer la machine. Le général Kassaraté, notons-le, a dit la disponibilité des forces placées sous son commandement, à travailler avec les nouvelles autorités ivoiriennes. Mais il a cependant cru bon de jouer franc-jeu, en posant les problèmes de façon claire, pour éviter toute ambiguïté. Au cours de cette visite, il a relevé, entre autres obstacles qui freinent la gendarmerie dans sa mission de protection des biens et des personnes, le manque et la destruction des moyens d'actions. Et un officier de gendarmerie joint au téléphone de préciser, sous couvert de l'anonymat. « Les différentes brigades de gendarmerie à Abidjan, comme à l'intérieur du pays, ont été prises pour cibles. On a enregistré des pertes en vies humaines, tandis que certains de nos hommes ont été obligés de se mettre à l'abri. Le matériel de travail a été soit emporté soit détruit ». En outre, le général Kassaraté a souligné la méfiance qui existe entre les gendarmes et les éléments des Frci. Deux forces qui se sont affrontées dans un passé très récent, et qui se regardent encore en chiens de faïence. Toute chose qui rend difficile, voire impossible les patrouilles mixtes de sécurité qui devraient être menées par les Frci et les Forces de sécurité. En conséquence, le patron de la gendarmerie a proposé au général Michel Gueu, chef de cabinet militaire du Premier ministre Soro, le retrait pur et simple des Frci, qui sont des forces militaires, au profit des forces de maintien d'ordre que sont la gendarmerie et la police. « Dites à vos hommes de libérer nos hommes pour qu'ils travaillent », avait-il martelé. Le directeur général de la police, le commissaire principal Brédou M'Bia, se dit lui aussi disposé à répondre à l'appel du président Ouattara. Mais lui et ses troupes restent également confrontés au manque de matériel pour le travail. Nombreux sont en effet les commissariats de police qui ont été pris d'assaut par les forces pro-Ouattara pendant la crise post-électorale. Armes, véhicules de patrouille et d'intervention ont été emportés. Sans oublier les nombreux policiers qui ont perdu la vie dans les combats. Tous ces problèmes ont été, selon des sources, clairement posés au président Alassane Ouattara comme des freins au retour des forces de police et de gendarmerie dans les rues d'Abidjan et de l'intérieur du pays. Il a été également évoqué la question de la tenue vestimentaire pour marquer la différence entre les forces en présence en Côte d'Ivoire et mieux définir les missions de chacune d’elles. La gendarmerie qui revendique la qualité de force républicaine, souhaite avoir une tenue propre à elle afin d'être identifiable pour éviter toute confusion avec les autres. Elle attendrait donc des autorités qu'elles mettent de l'ordre parmi les forces en présence en Côte d'Ivoire. Soulignons que depuis la chute de Laurent Gbagbo, les populations semblent de plus en plus apeurées par la présence inhabituelle des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci) qui patrouillent dans la ville d'Abidjan, armes au poing. La question de la sécurité est devenue de plus en plus préoccupante et s'impose comme un défi majeur aux nouvelles autorités ivoiriennes. Les exactions, les pillages, les exécutions extrajudiciaires sont durement ressentis par les Ivoiriens. Les organismes internationaux de défense des droits de l'homme, notamment Human Rights Watch (Hrw), ont dénoncé les tueries et appelé les forces de la Licorne et de l'Onuci à assurer la sécurité des populations civiles. Ces forces étrangères n'entendent pas jouer ce rôle indéfiniment. Aussi s'activent-elles à convaincre les forces de sécurité ivoiriennes de reprendre leur travail. « Les soldats français viennent nous voir pour nous demander d'aider à sécuriser le pays, et à mettre fin aux pillages. Nous leur avons posé nos conditions », a confié hier un officier en poste au camp de gendarmerie d'Agban. Comme pour dire que des difficultés demeurent.

Hamadou ZIAO

Source: L'Inter

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Published by Seth koko France - dans Abidjan News
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