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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 18:46

BE.pngLa plus ancienne référence à la gestation pour autrui, ou procréation plus précisément dans ce cas très antique, se trouve dans l’Ancien Testament, relatée dans l’histoire d’Agar l’Égyptienne, servante dans la Bible, esclave selon les musulmans, qui « accepta » de porter un enfant d’Abraham à la place de son épouse et demi-sœur Sarah qui ne pouvait concevoir. Je passe sur les discordes et autres péripéties que cette situation engendra…

Et depuis quelques temps, les carnets roses de nos gazettes dites people - puisque le parler globish est maintenant de rigueur en terre de France, Jeanne d’Arc reviens ! - nous annoncent à grand renfort de commentaires mielleux que telle ou telle vedette d’outre-atlantique, mais pas seulement car la déliquescence morale s’étend partout où la religion de l’argent s’accomplit, a recouru aux bons services d’une femme pour porter un enfant issu de son sang. L’adoption ne leur suffit-elle donc plus à tous ces parvenus qui estiment que transmettre leurs gamètes est un droit absolu, et pourquoi pas un bienfait pour l’humanité tant qu’on y est !?

Ainsi on apprend que Nicole Kidman, l’australienne d’Hollywood, nouvellement « mère » d’une petite fille, remercie publiquement en compagnie du père son mari, la généreuse mais surtout rétribuée personne (150 000 dollars) qui lui a donnée la vie ; que Jennifer Aniston, starlette américaine, toujours sans compagnon stable, en étudierait la possibilité plutôt que d’adopter après avoir constaté le « bonheur » de Sarah Jessica Parker, incarnation télévisuelle de la new-yorkaise, « mère » elle aussi de jumelles par utérus emprunté ; que le chanteur Elton John « marié » en Angleterre avec son compagnon David Furnish, annoncent la naissance de leur fils commandé à une femme, réalité biologique oblige que n’a pas pu dépasser autrement ce couple si bien accordé :« Elton souhaitait vraiment que l’enfant porte ses gènes, a dit un proche du couple. Il a un don de Dieu et il a voulu le transmettre à un enfant ! » Ou encore que Ricky Martin, pour lequel la gent féminine se pâme en vain puisqu’il a fini par révéler sa préférence pour les hommes, est père de jumeaux grâce à une mère porteuse et à une donneuse d’ovules ; et enfin pour terminer cette liste non exhaustive, que Neil Patrick Harris et son compagnon David Burtka ont eu des jumeaux conçus avec le sperme de chacun d’eux pour les embryons réimplantés dans l’utérus en location puisqu’il s’agit bien dans leurs esprits d’un corps incubateur plus que d’une femme dotée de sentiments.

Pareille pratique est interdite en France ainsi qu’en Espagne mais cependant un couple français dont j’ai connu l’histoire, a franchi la frontière catalane et est allé dans une clinique discrète de Barcelone faire fabriquer leur fils il y a de cela six ans ; son père veut aujourd’hui lui dire la vérité mais le reste de la famille s’y refuse, par peur d’un traumatisme !? Ont-ils pensé à celui de la jeune femme étrangère, qui a reçu à l’époque quelques centaines d’euros pour sa peine mais quelle somme aurait pu la lui faire oublier ? Moins que ce qu’ont pris le médecin et son souteneur au passage car ces porteuses ibériques sont le plus souvent des prostituées venues d’Amérique latine, des filles déracinées contraintes de louer leur utérus tout autant que leur vagin !

Avec la gestation pour autrui, on monte d’un niveau dans la marchandisation des corps, en passant du vagin à l’utérus, on assiste là à une nouvelle forme de prostitution, cautionnée par la science ! Et ce n’est pas nouveau, les pauvres depuis longtemps se vendent en pièces détachées… cela grâce aux progrès de la médecine et à la participation sonnante et trébuchante de ces médecins qui ouvrent des centres afin de profiter de la manne de ces nombreuses fécondations in vitro, inséminations et réimplantations que toutes ces procréations et gestations pour autrui nécessitent. Nous vivons une époque formidable !

Mais revenons à nos vedettes. Nous avons là un panel représentatif des nouveaux comportements à présenter en modèle au petit peuple : un couple hétérosexuel ne parvenant pas à concevoir ou ne désirant plus s’y astreindre, une quadragénaire esseulée qui a une silhouette à conserver et une carrière à poursuivre, un homme sans compagne - et pour cause - en mal de descendance, des couples homosexuels qui contournent les lois de la nature pour s’offrir un nourrisson qui viendra parfaire leur « amour ». Et tous ces gens-là qui se réclament d’un droit à l’enfant, qui plus est, issu de leur gènes - mais pour l’enfant quel est son droit ?- ont tous en commun de vivre dans l’opulence et les moyens de s’offrir des ventres de femmes pauvres, exploitées ou vénales…

Drôle de société que voilà où le désir légitime tout, où l’enfant est un bien que l’on s’offre, suffit d’y mettre le prix et de choisir sa femelle gestatrice, sur catalogue, qui devra s’astreindre à une hygiène de vie sévèrement contractualisée pendant que les futurs parents courront les soirées mondaines un verre de champagne à la main et une ligne de coke dans le nez ! Et tous ces bons sentiments, les porteuses louangées telles des Mère Térésa laïques se dévouant corps et âmes, c’est le cas de le dire, pour répondre à la souffrance (je dirais plutôt frustration) de leurs semblables en mal de progéniture !

Le jour où une femme riche et féconde portera un enfant pour une femme pauvre et stérile, je regarderai peut-être ces pratiques avec un œil plus attendri !

En attendant ce jour improbable, je pose la question : et si l’enfant livré n’est pas le bébé fantasmé, qu’advient-il du nourrisson imparfait ? Un défaut de fabrication est si vite arrivé, un angiome inesthétique, un bec de lièvre… et c’est le drame. Et la porteuse qui en attendait un revenu s’en retrouve avec la charge… à moins que tout défaut ne soit activement recherché pendant la fabrication grâce aux échographies inquisitrices, et que les futurs parents exigent le débarras de l’avorton non conforme ! Aux États-Unis où cette pratique est légale, il n’est pas rare de voir les couples commanditaires exiger que soit établi par contrat l’avortement éventuel de la gestatrice s’il leur prend le caprice – encore un - de changer d’avis.

Pendant cette médiatique préparation des esprits - les lois qui entraînent de profonds changements sociétaux ne peuvent se faire sans l’assentiment de la population - pour faire avaler à l’opinion publique un nouveau paradigme, car le prêt d’utérus change la donne ancestrale qui fait de l’enfantement la maternité, nos parlementaires commencent à débattre du projet de révision des lois sur la bioéthique. Il leur faudra résister à tous les promoteurs de la gestation pour autrui qui affirment qu’elle va dans le sens d’un progrès sociétal ; telle Élisabeth Badinter, présidente d’un important groupe de publicité, et féministe philosophe à ses heures, qui prétend que l’attachement maternel est une construction mentale et que la femme qui abrite dans ses entrailles et nourrit de son sang un enfant qui n’est pas « génétiquement » le sien n’aura aucun mal à s’en séparer… Et pour l’enfant qu’on enlève à celle avec laquelle une relation charnelle indéniablement forte s’est nouée, quel est le dommage de la séparation ? Car en raison des échanges physiologiques de la grossesse et de l’environnement dans lequel vit la porteuse qui sont autant de repères sensoriels pour le fœtus, on sait qu’un enfant qui a grandi dans le sein d’une femme ne sera pas le même que s’il avait grandi chez une autre. Ignore-t-elle ces données notre philosophe féministe qui réduit la femme à une simple mécanique sans âme ?

D’autres arguent que l’on ne peut empêcher le tourisme procréatif, que de plus en plus de couples français (fortunés), découragés par les procédures longues et difficiles d’adoption nationale ou internationale, partent dans les pays qui le permettent faire porter un enfant dont la filiation avec eux ne pourra être reconnue en France, que cela crée des situations inextricables et que devant le fait établi, nous devons nous incliner et légaliser. Personne ne peut ne pas compatir à la souffrance d’un couple stérile mais la loi a-t-elle pour but de corriger l’inégalité devant la nature ?

Quelle hauteur de débat ! Mais à quoi bon écouter tous les philosophes et autres moralisateurs empêcheurs de tourner en rond. Schopenhauer a écrit sur les femmes, sur la condition féminine ce qui suit, je résume, parce que je ne suis pas savante, mais adepte du bon sens : toutes ces ladies qui jouent les grandes dames sur toute la surface de la terre, provoquent en retour la condition misérable des prostituées, il en donnait à Londres un chiffre impressionnant de 80 000, dans son Essai sur les femmes publié en 1851.

Ces porteuses font partie du cortège. Elles satisfont aux caprices d’un mode de vie artificiel prôné par les Modernes, des gens qui s’affichent féministes, libertaires, progressistes, pour lesquels toute levée d’interdiction est nécessairement un progrès, et autres billevesées… Un hôtel d’incurables, ainsi se présente le monde moral et physique, selon une expression française recueillie par le même penseur.

Vous luttez pour les « Droits de l’Homme », très bien, la condition des porteuses en est un échantillon !

Florence Balme

 

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Published by Seth koko France - dans Vu dans la presse
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